Interview de Sandrine Longo

Rédigé le 20/05/2026
Service RH


Comment avez-vous découvert votre passion pour le dessin et la peinture ? Était-ce une évidence depuis toujours ou une révélation plus tardive ?

Depuis toute petite, j’ai toujours aimé dessiner. Je me souviens d’un été en Italie, chez mes grands-parents : ils m’avaient confié une photo pour que je réalise un portrait… le résultat n’était pas très ressemblant, et leur déception m’est restée. Mais cela ne m’a pas arrêtée. À l’école, c’était la seule branche où j’obtenais 5.5 ou 6. Peut-être que c’est dans les gènes, car j’ai eu un arrière-petit-cousin du côté de ma mère qui peignait. Et aujourd’hui, ma fille aussi dessine très bien – mieux que moi, d’ailleurs !

Qu’est-ce que cela vous apporte de peindre ou dessiner ? Est-ce un moyen d’expression, une façon de vous détendre, un besoin vital ?

Je dirais que ce n’est pas vital, mais c’est clairement une source de détente et un vrai moyen d’expression. Quand je m’y mets, je peux passer des heures sans voir le temps passer. Je déconnecte totalement. Et quand je regarde mes anciens dessins, je retrouve mes états d’âme d’alors : on voit les périodes, les émotions. Comme les habits qu’on choisit selon l’humeur, les dessins reflètent notre état intérieur.

Quel style ou technique aimez-vous le plus ?

J’aime beaucoup le stylo bille. C’est venu de l’école, où je dessinais dans les marges pour rester concentrée. J’ai failli faire une école d’art, et j’ai appris qu’on ne devait pas effacer ses traits. Cela m’a marquée : je garde les traits de base, j’estompe au doigt, c’est devenu ma manière de faire. J’utilise aussi des crayons, du néocolor, parfois de l’aquarelle. J’ai même fait une toile, que j’ai offerte à ma sœur. En la revoyant, je me demande comment j’ai fait !

Avez-vous déjà exposé vos œuvres ou partagé votre travail ?

Je n’ai jamais exposé formellement, mais j’ai peint les vitres de la crèche de ma sœur sur le thème des animaux de la jungle. Et puis, dans les années 1990 et 1991, j’ai réalisé les affiches des tout premiers défilés de mode organisés à Clos Brochet – je suis retombée dessus récemment, ça m’a rappelé plein de souvenirs ! J’ai aussi fait des cartes de deuil personnalisées, des dessins pour les départs de collègues, pour des décorations de Noël… Et puis des projets partagés avec ma fille : des jeux créatifs où l’on tire des thèmes au hasard, où l’on fait chacune une moitié de dessin, ou encore des compositions à deux styles.

Y a-t-il une œuvre dont vous êtes particulièrement fière ?

Souvent, je donne mes dessins, donc je ne les ai plus. Mais il y a un petit garçon issu d’un calendrier que j’ai reproduit, et chaque fois que je le revois, je me dis : ‘Mais comment j’ai fait ça ?’. Pareil pour la toile faite pour ma sœur. Ce sont des œuvres qui me surprennent moi-même, et qui me donnent envie de m’y remettre.

Comment trouvez-vous l’inspiration ?

Souvent, elle vient d’un thème proposé : une commande, un jeu, un défi lancé avec ma fille ou une amie. Plus jeune, c’était plus spontané. Aujourd’hui, il faut parfois me pousser un peu. Mais dès que je m’y mets, je replonge volontiers. Et parfois, je fais preuve de débrouille… comme utiliser du dentifrice quand je n’ai plus de peinture blanche !

En quoi votre pratique artistique influence-t-elle votre quotidien professionnel ?

Je dirais que je suis créative dans mon quotidien, j’ai toujours plein d’idées. Mon dessin m’aide parfois dans la communication : j’ai dessiné pour expliquer quelque chose à une résidente sourde-muette, ou pour faire des cartes de remerciement, décorer un étage, ou créer des affiches maison. C’est une manière d’ajouter une touche personnelle et chaleureuse à la vie de l’établissement.